Un homme d’affaires franco-rwandais torturé en RDC, accuse un affairiste français, Gael Roulleau
Notable rural des Deux-Sèvres (79), agriculteur bio, décoré sous Nicolas Sarkozy, Gaël Roulleau s'est construit au fil des années l'image d'un intermédiaire français à l'aise dans les réseaux d'influence, entre Paris, Alger et Kinshasa. Mais derrière cette façade, son ancien associé, Elfried KAYIHURA, raconte une toute autre histoire : celle d'un homme « en représentation permanente », et qu'il accuse aujourd'hui d'avoir orchestré son arrestation en République démocratique du Congo afin d'éviter de le rembourser et, peut-être, d'éliminer un concurrent potentiel. Des accusations graves auxquels Gael Roulleau n’a pas souhaité nous répondre.
Gaël Roulleau cultive l'image d'un homme de réseaux, familier des cercles politiques et diplomatiques, capable d'ouvrir des portes à Paris comme à Kinshasa. Dans une biographie écrite par ses soins et que nous avons pu consulter, il se présente comme agriculteur bio dans les Deux-Sèvres, notable régional, décoré de l'Ordre national du Mérite, proche de Jean-Pierre Raffarin, reçu à la Chambre franco-arabe de Paris, en lien avec des responsables algériens, congolais ou français. Il affirme également avoir travaillé sur des dossiers sensibles en Afrique, au Tchad et en Jordanie, jusque dans la région des Grands Lacs, notamment pendant le génocide des Tutsis du Rwanda. Il aurait été membre de la cellule interministérielle en droit d’ingérence humanitaire sur la zone humanitaire sécurisée de Goma en 1994 selon ses propres dires. Il aurait aussi pris part à des opérations militaro-humanitaires au Congo à partir de 2009 et coordonné le retrait de forces rwandaises du Nord-Katanga. Bref, Gaël Roulleau serait une sorte d’Indiana Jones le jour, et agriculteur bio la nuit. Ce qui semble connecter ses deux faces opposées d’une même personnalité semble être ses relations dans la droite française.
Réseau maçonnique
Pour Elfried Kayihura, son ancien associé qui l’a côtoyé des années durant et le poursuit désormais en justice, cette bio « héroïque » est vérifiable à bien des égards. Gaël Roulleau tutoierait bien Raffarin, fréquenterait la GLNF — la Grande Loge Nationale Française — au sein de laquelle il fréquenterait également Maître Jean-Marie Viala, avocat dont le cabinet est établi dans le 17e arrondissement de Paris, lui aussi membre de la GLNF, et qui s'est notamment illustré dans la défense de Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo-Brazzaville, dans le cadre des affaires dites des « biens mal acquis ».
Gaël Roulleau se prévaut également de sa proximité avec Patrice Lucas, cofondateur d'Agritera, entrepreneur agricole réputé et figure du secteur agro-industriel. Selon Elfried KAYIHURA, le groupe Agritera aurait utilisé Gaël Roulleau comme figure-témoin dans sa communication, lui conférant une légitimité supplémentaire dans les milieux agricoles et d'investissement.
Gaël Roulleau disposerait par ailleurs d'entrées auprès de certains anciens militaires, de personnalités congolaises telles que Jean-Pierre Bemba ou Éric Kalala, directeur général de l'EGC — l'Entreprise Générale du Cobalt, entreprise publique détenant le monopole congolais du cobalt artisanal —, d'avocats proches du pouvoir guinéen, notamment Maître Sophie Hacker-Waels, présentée comme proche de l'entourage du président Mamadi Doumbouya, ainsi que de Maître Dominique Paillé. Cet ancien député des Deux-Sèvres, porte-parole adjoint de l'UMP et ex-président de l'OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration) sous Nicolas Sarkozy, est un ami d'enfance de Gaël Roulleau, tous deux originaires de la même région. Figure importante des réseaux de droite et du centre sous Sarkozy, Maître Paillé est également avocat d'affaires actif dans les milieux parisiens, avec des réseaux s'étendant notamment au Sénégal et en Afrique de l'Ouest. Son cabinet, situé au 4 rue Balzac dans le 8e arrondissement de Paris — à quelques pas des Champs-Élysées —, constituait selon Elfried KAYIHURA un lieu de rencontres privilégié avec des investisseurs du monde entier, notamment du Moyen-Orient et d'Afrique. Elfried KAYIHURA affirme avoir personnellement participé à plusieurs réunions dans ce cabinet. « C'est en côtoyant ces figures que j'ai eu confiance en Gaël Roulleau, malgré ma première mauvaise expérience au Congo », confie-t-il.
KPOLYGONE
Elfried Kayihura fait la connaissance de Rouleau en 2021 à Paris par l’entremise de la société KPOLYGONE, fondée par le Béninois Césaire Kakpo. Active au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo, cette structure est spécialisée dans les solutions numériques de collecte fiscale et de gestion des flux de marchandises. Dans l'optique de conquérir des parts de marché au Maghreb et au Moyen-Orient — notamment en Égypte —, Césaire Kakpo recrute Gaël Roulleau pour ses capacités de lobbying et ses réseaux à la Chambre franco-arabe de Paris.
Elfried KAYIHURA, de son côté, était encore en poste dans l'immobilier chez Nexity. C'est à titre informel, en parallèle de son activité principale, qu'il effectue pour KPOLYGONE plusieurs missions de relations publiques : accueil de ministres et d'officiels étrangers, organisation de rendez-vous de haut niveau, coordination logistique des délégations à Paris. Une activité qu'il mène alors qu'il se projette déjà vers un avenir entrepreneurial en Afrique. Césaire Kakpo lui avait d'ailleurs promis de le déployer sur le terrain pour gérer l'agence au Soudan du Sud — une perspective qui correspondait précisément à ses ambitions. Mais cette promesse ne sera jamais tenue.

Gael Roulleau Et Elfried Kayihura s'entendent immédiatement. Gaël Roulleau convainc Elfried KAYIHURA qu'il peut réaliser seul son ambition africaine : il dispose déjà d'un capital de départ, et Gaël Roulleau, lui, assure avoir les contacts nécessaires sur place en république démocratique du congo (RDC).
Gaël Roulleau se présente par ailleurs comme financièrement exsangue en raison du procès l'opposant à Traxys, affaire portée devant les juridictions françaises qui lui aurait coûté des sommes considérables.
Pour emporter l'adhésion d'Elfried KAYIHURA, Gaël Roulleau fait également miroiter une perspective financière déterminante : si le procès contre Traxys — dont les enjeux sont estimés à plus d'un million de dollars — venait à être gagné grâce à son aide, une quote-part significative lui serait versée. Les deux hommes évoquent alors une somme de l'ordre de 250 000 euros. C'est sur ce terreau de confiance mutuelle, de promesses financières et d'ambitions partagées que se noue formellement leur association, avec la RDC comme horizon commun.
Premier coup bas
En octobre 2021, Elfried KAYIHURA part à Lubumbashi avec environ 80 000 euros. Pour être opérationnel rapidement sur place, il entame la demande de son passeport rwandais — un document qu'il détient de plein droit, étant né au Rwanda. Les démarches ne lui prennent que quinze jours. Ce passeport lui permet d'accéder au territoire congolais sans visa et d'y séjourner sans contrainte de durée, là où le passeport français imposait un visa d'établissement aux délais bien plus longs et aux coûts bien plus élevés pour quiconque souhaitait créer une société sur place. Un choix purement pragmatique — qui se retournera contre lui lors de son arrestation quatre ans plus tard.
Sur place, il suit un contact fourni par Gaël Roulleau, Yves Sensele, présenté comme exploitant de plusieurs stations-service. Il crée sa société, Elfried Investment, y injecte près de 60 000 euros avant de découvrir que les stations étaient louées et lourdement endettées. Son investissement aurait essentiellement servi à combler des dettes préexistantes. Ce premier séjour constitue une désillusion financière sévère. Fragilisé, Elfried KAYIHURA rentre en France en 2022. Ayant tout misé sur ses projets africains, il continue de placer ses espoirs dans sa relation avec Gaël Roulleau, qui semble disposer des contacts et des connexions nécessaires pour rebondir à un niveau plus élevé. C'est dans cet état d'esprit qu'il se jette corps et âme dans l'aide apportée à son associé.
Saisie de fonds
À partir de 2023 puis surtout fin 2024, Gaël Roulleau relance l'idée d'un retour structuré dans les minerais stratégiques. Le premier financement réellement obtenu provient de la société luxembourgeoise LS Alloys en novembre 2024, mise en relation via un intermédiaire belgo-congolais, Jacques de Cooman. Seuls 68 000 dollars sont débloqués. Gaël Roulleau explique à Elfried KAYIHURA qu'il s'agit d'un test destiné à évaluer ses propres capacités opérationnelles : en cas de succès, un financement d'au moins cinq millions de dollars devait suivre. C'est dans ces conditions qu'Elfried KAYIHURA accepte de repartir au Congo en décembre 2024.
Sur place, la réalité s'avère bien moins favorable. Les fonds arrivent sur le compte de la LIMC (Luxembourg International Mining Company), la société fondée par Gaël Roulleau, qui se révèle lourdement endettée auprès de la Rawbank. Or en RDC, la Banque centrale du Congo bloque automatiquement tout flux entrant sur un compte débiteur. Pour débloquer les fonds, il faut négocier avec la Rawbank et rembourser une partie de la dette : 25 000 dollars y passent, auxquels s'ajoutent 2 000 dollars de frais informels. Il ne reste donc que 38 000 dollars disponibles pour opérer.
Dans le cadre de leur association, les deux hommes ont conclu un pacte d'associés octroyant à Elfried KAYIHURA 20 % des bénéfices de la société. Pour lui permettre de couvrir ses frais de vie quotidienne au Congo sans puiser dans ses réserves personnelles, Gaël Roulleau s'était par ailleurs engagé à lui verser 4 000 dollars mensuels à titre de frais de fonctionnement. Une somme qui, selon Elfried KAYIHURA, ne lui aurait été versée qu'à une seule reprise. S'ensuivent plusieurs semaines de dépenses désordonnées : hôtels coûteux à Kinshasa, rendez-vous improductifs à Lubumbashi, faux vendeurs de cobalt, pistes commerciales douteuses. Puis vient un déplacement à Dar es Salaam, pour une opportunité qui se révèle être du cuivre congolais « tanzanifié » — une marchandise sans traçabilité sérieuse que Gaël Roulleau tente néanmoins de présenter à LS Alloys comme exploitable, selon Elfried KAYIHURA.
Les « services français »
Bon an mal an, Gaël Roulleau cesse rapidement de se rendre sur le terrain et confie à Elfried KAYIHURA la gestion exclusive des opérations : visites des mines, vérification du chargement des camions, paiements en espèces auprès des fournisseurs.
Gaël Roulleau se dit protégé par des « services français », est en relation avec Loris Morin, ancien analyste au Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) en échange d'une prétendue protection, envoie Elfried KAYIHURA remettre des enveloppes à des soi-disant généraux ou émissaires congolais dont aucun ne démontre jamais la moindre influence réelle.
Minexx
Finalement, cette première exploration minière s’avère être un échec et les fonds octroyés par LS alloys s’épuisent. Alors que l'opération semble compromise, la société MINEXX entre en scène en mai 2025. Son cofondateur belge, Laurent VAN HOUCK, avait déjà rencontré Gaël Roulleau et Elfried KAYIHURA à Paris. Active dans le coltan et les métaux stratégiques, installée à Goma et présente à Kigali, MINEXX cherche à se repositionner sur des territoires non contrôlés par les groupes armés liés au Rwanda. Sans financer directement la structure de Gaël Roulleau, elle lui ouvre une ligne de crédit pouvant aller jusqu'à 500 000 dollars, avec des décaissements journaliers plafonnés. Les opérations reprennent en juin 2025. Entre 25 et 30 camions de cuivre auraient été achetés, mais les marges demeurent négatives, du fait de recours à des intermédiaires, plutôt qu’à des négociations directes avec les usines chinoises.
Déçu par sa collaboration avec Gaël Roulleau, Elfried KAYIHURA aurait commencé discrètement, avec Hervé Kabeya, à conduire quelques opérations parallèles avec d'autres acheteurs mieux connectés, et s’apprêtait à négocier un accès direct à la Gécamine (Générale des Carrières et des Mines) pour l'exploitation d'un site minier spécifique. Dès le mois de juin 2025, pressentant la rupture imminente avec Gaël Roulleau, Elfried KAYIHURA crée sa propre structure minière — une société destinée à opérer en dehors des circuits de son ancien associé.
Rupture
L'été 2025 marque la rupture définitive. Elfried KAYIHURA réclame le remboursement des sommes avancées depuis des mois : loyers, frais de mission, dépenses logistiques et avances au Congo. Il chiffre la dette à environ 40 000 dollars, auxquels s'ajoutent les arriérés des frais de fonctionnement mensuels convenus. Selon lui, Gaël Roulleau ne lui aurait versé qu'un paiement partiel de 4 000 dollars. Début octobre 2025, Elfried KAYIHURA mandate un avocat local, Maître Chadrack NDJIBU KYAMALWA, pour engager une procédure de recouvrement à Lubumbashi, qualifiée de détournement de fonds par le parquet de Kolwezi. Gaël Roulleau est informé de la plainte par Hervé Kabeya. Un mandat d'amener visant Gaël Roulleau aurait été envisagé le 3 octobre 2025, avant qu'un arrangement amiable ne soit trouvé le soir même : 11 500 dollars devaient être remis immédiatement, le solde suivant un échéancier.
Le 4 octobre 2025, un rendez-vous est organisé au restaurant La Cachette à Kolwezi. L'avocat d'Elfried KAYIHURA est présent, ainsi qu'Hervé Kabeya. À son arrivée, vers 14h00, le représentant de Gaël Roulleau, surnommé « Monsieur André », refuse de remettre les fonds à l'avocat et exige la présence physique d'Elfried KAYIHURA. Celui-ci se rend donc sur place.
Arrestation par l’agence de renseignement (ANR)
À peine arrivé, il est encerclé par cinq agents en tenue civile se présentant comme agents de l'Agence nationale de renseignement (ANR) — équivalent congolais de la DGSI en France. Conduit dans les locaux des renseignements, il est interrogé non sur un litige privé, mais sur de prétendus liens avec le Rwanda, le M23 et certains réseaux politiques congolais. Son passeport rwandais, ses déplacements passés et certains numéros de téléphone sont exploités contre lui.
Elfried KAYIHURA décrit plusieurs semaines de détention éprouvantes : privation d'eau et de nourriture durant la première semaine — au point d'avoir failli boire sa propre urine avant qu'un codétenu lui donne une gorgée d'eau —, violences physiques, coups de fouet, humiliations et interrogatoires répétés, dont un de nuit au cours duquel des agents lui auraient intimé d'avouer être un espion rwandais.
Aucune preuve matérielle ne permet, à ce stade, d'établir que Gaël Roulleau ait commandité cette arrestation. Mais Elfried KAYIHURA affirme disposer d'un faisceau d'indices concordants : la chronologie des faits, la nature des accusations formulées, et plusieurs échanges de courriels transmis à sa famille. « Il voulait m'éliminer du secteur avant que je ne devienne un problème pour lui », affirme-t-il. Il relève également que « Monsieur André » serait ultérieurement identifié comme membre du Conseil national de sécurité (CNS), instance qui chapeaute l'ANR.
Au-delà de l'humiliation personnelle et du préjudice financier, Elfried KAYIHURA souligne la gravité potentielle des accusations qui lui ont été imputées. En République démocratique du Congo, être soupçonné de liens avec le Rwanda, le M23 ou d'appartenir à un réseau ennemi de l'État n'est pas une affaire administrative : c'est une accusation passible de la peine de mort, la RDC maintenant cette sanction dans son arsenal pénal. « Les agents qui m'interrogeaient me faisaient comprendre que je pouvais disparaître. Gaël Roulleau savait parfaitement ce que ces accusations signifiaient dans ce contexte. Il savait à quoi il m'exposait », affirme-t-il.
Dès que la famille d'Elfried KAYIHURA prend conscience de sa disparition — d'abord à Kolwezi pendant seize jours, puis après son transfert à Kinshasa le 20 octobre 2025 —, elle contacte Gaël Roulleau pour obtenir des informations. Sa réaction initiale est, selon les déclarations recueillies, catégorique : il nie toute relation professionnelle en cours, affirmant qu'il n'est plus en contact avec Elfried KAYIHURA depuis plusieurs mois et qu'il ignore ce qui lui est arrivé. Une dénégation que la famille réfute en lui opposant un courriel — dont Elfried KAYIHURA avait mis sa famille en copie cachée — établissant qu'une correspondance active existait entre les deux hommes quelques jours seulement avant l'arrestation, portant précisément sur la dette financière en litige. Acculé par cette pièce, Gaël Roulleau reconnaît alors qu'Elfried KAYIHURA a bien été interpellé par les services de sécurité congolais.
C'est à partir de ce moment que les courriels de Gaël Roulleau adressés à la famille changent de registre. Dans ces messages, consultés par la rédaction, il affirme notamment qu'Elfried KAYIHURA se serait rendu dans des « zones rouges », qu'il aurait adopté un comportement « agressif », tenu des propos hostiles au gouvernement congolais et serait même devenu, selon ses propres termes, « un ultra ». Il affirme également avoir lui-même été interrogé par les services congolais et évoque des déplacements jugés suspects de son ancien collaborateur.
Il prétend par ailleurs ignorer qu'Elfried KAYIHURA détenait un passeport rwandais — affirmation contredite, selon ce dernier, par les copies de ses deux passeports qui lui auraient été transmises par mail et WhatsApp au cours de leur collaboration.
Expulsion
Expulsé vers la France le 20 novembre 2025 officiellement pour « défaut de visa » — après l'intervention de l'ambassade de France, alertée par sa sœur Emmanuella KAYIHURA —, Elfried KAYIHURA reste d'abord en contact régulier avec Hervé Kabeya, qu'il considère encore comme son homme de confiance au Congo. Mais début 2026, plusieurs éléments le conduisent à soupçonner ce dernier d'avoir participé activement au piège.
Quelques semaines après son retour en France, en cherchant à se connecter à ses comptes et à rapatrier des fonds, il découvre que ses comptes personnels et professionnels au Congo ont été vidés pendant sa détention. Confronté à la question, Hervé Kabeya invoque des dépenses liées à des contrats en cours — notamment la tentative d'obtenir un accord d'exploitation avec la Gécamine (Générale des Carrières et des Mines), sur un site minier que les deux hommes espéraient développer ensemble. Elfried KAYIHURA ayant lui-même initié ces démarches, l'explication lui paraît initialement plausible. Mais après vérification directe auprès des interlocuteurs de la Gécamine, il s'avère qu'aucun versement de ce type n'a jamais eu lieu. Hervé Kabeya lui aurait menti.
L'ensemble de ces éléments ne permet pas, à ce stade, d'établir juridiquement l'existence d'un complot organisé. Mais pour Elfried KAYIHURA, ils dessinent une coordination entre plusieurs acteurs de son entourage professionnel au Congo : son avocat, son homme de confiance, et son ancien associé français.
Plainte en France
Depuis son retour en France, Elfried KAYIHURA a déposé plainte à Dijon contre Gaël Roulleau pour dénonciation calomnieuse et non-assistance à personne en danger. Il a subi, selon un certificat médical établi par son médecin généraliste, un traumatisme psychologique important : cauchemars, anxiété, perte d'appétit, stress intense et hypervigilance. Un suivi psychiatrique a été engagé.
Dans sa plainte, il affirme avoir été livré aux services congolais au moment précis où il réclamait le remboursement de sommes considérables. L'enquête française devra désormais déterminer si les éléments avancés relèvent d'un simple conflit d'affaires ayant dégénéré, ou d'un mécanisme plus organisé impliquant dénonciations, manipulations et complicités multiples. Contacté par grandslacs.eu, Gael Roulleau n’a pas donné suite.