Mais que fait donc un génocidaire à la mairie de Rouen ?
Condamné en 2021 en première instance pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité, Claude Muhayimana, 65 ans, coule des jours heureux à Rouen et bénéficie de la sécurité de l’emploi es qualités d’agent municipal à la mairie de ladite ville. C’est ce que révèle le média d’investigation Le poulpe. "Il faut d'abord rappeler que depuis sa procédure d'appel, Monsieur Muhayimana bénéficie à nouveau de la présomption d'innocence", annonce d'emblée Jean-Marc Magda, directeur général des services de la mairie de Rouen, auprès de France 3 région. Cette présomption d'innocence vaut jusqu'au verdict du tribunal, à la fin du procès, prévue le 27 février 2026. Il ajoute que la mairie a cessé de lui verser son salaire lorsqu’il était en prison et il a même été révoqué.
Révocation ratée
La révocation de devait pas avoir été effectuée dans les règles puisque l’avocat de Claude Muhayimana a réussi à révoquer… la révocation. Des syndicalistes de la mairie se posent néanmoins cette question : pourquoi ne pas l’avoir renvoyé en saisissant un juge administratif dès 2021 ? Une autre interrogation concerne l'avancement de carrière dont Claude Muhayimana a bénéficié en 2024, alors que cette procédure n'a rien d'obligatoire. "Cela n'a rien d'exceptionnel, elle se base en grande partie sur l'ancienneté de l'agent et la manière de servir. Les équipes et la hiérarchie étaient satisfaites sur sa manière d'agir", soutient le directeur général des services.
Campagne municipale
Quoi qu’il en soit, cette affaire est un boulet pour le maire PS de la ville, Nicolas Mayer-Rossignol, en pleine période électorale. Bien évidemment les candidats à la mairie qui souhaitent lui ravir son poste lui sont tombés dessus à bras raccourci. La candidate Horizons Marine Caron s’est fendu d’un post où elle demande que toute la lumière soit faite sur ce bégaiement de l’Histoire :
« Je demande solennellement au maire de Rouen de lancer immédiatement une enquête administrative indépendante afin d’établir précisément les conditions de cette réintégration et de cette promotion », a-t-elle déclaré, d’un trait de plume rageur. Le candidat LFI Maxime Da Silva n’est pas en reste : « Le maire est coutumier d'avoir des ambiguïtés sur les génocides et le silence est souvent accompagnateur de culpabilité, déclare-t-il. Le fait que l'on doive attendre une enquête journalistique ou administrative pour avoir des explications, ce n'est pas normal ».