Comment le Rwanda va devenir un pays à revenu élevé grâce au nucléaire
Seul invité africain à prendre la parole lors du sommet sur le nucléaire civil à Paris le 10 mars 2026, le président de la République du Rwanda Paul Kagame a précisé ses intentions en matière de nucléaire. "Le Rwanda ambitionne de devenir un pays à revenu intermédiaire d’ici 2050, ce qui implique une forte demande en électricité. Pour y répondre, le nucléaire devient la base de notre stratégie afin de diversifier l’énergie et garantir la stabilité nécessaire à la croissance industrielle et à la transformation durable", a-t-il notamment déclaré. "Nous remercions l’AIEA pour son appui au Rwanda Atomic Energy Board et à notre régulateur national. L’investissement dans le capital humain est essentiel : des centaines de Rwandais ont été formés en sciences et ingénierie nucléaires grâce à des partenariats internationaux, et un nouveau programme universitaire en sciences nucléaires a été lancé. L’AIEA a récemment évalué nos infrastructures nucléaires, confirmant nos progrès. Le Rwanda est prêt à franchir la prochaine étape du programme d’énergie nucléaire", a-t-il poursuivi. Le président Kagame, dans le cadre du développement de son programme nucléaire, a fixé trois priorités : "Notre coopération doit se concentrer sur trois priorités : le financement, la coopération technologique et la réglementation. Il est essentiel de mettre en place des solutions de financement adaptées pour l’énergie nucléaire, d’intégrer les pays entrants dans les chaînes d’approvisionnement mondiales afin de renforcer les compétences locales, et de garantir un cadre réglementaire international clair et prévisible grâce aux normes de l’AIEA. La France, leader en sécurité nucléaire, souhaite accroître sa collaboration avec ses partenaires dans ce domaine."
Dual fluid, Rosatom, Nano nuclear energy
Le gouvernement rwandais a signé un accord avec une start-up germano-canadienne, Dual Fluid, mardi 12 septembre 2023, pour construire un réacteur nucléaire civil « expérimental ». Ce mini réacteur nucléaire (SMR) devait être livré en 2026 mais force est de constater que la construction n'a pas encore commencé. Elle devrait débuter cette année. Il a également signé un accord en 2019 avec Rosatom, l'agence russe de l'énergie atomique russe, pour la construction de centrales nucléaires, mais le projet semble être au point mort. Lors du sommet Russie-Afrique de Sotchi en novembre 2024, le Rwanda, par la voie de son premier ministre Olivier Nduhungirehe, a déclaré souhaité poursuivre ce projet, tout en soulignant que le Rwanda était soumis à de fortes pressions de la part de certaines puissances occidentales pour abandonner sa coopération avec la Russie. Le Rwanda a également signé en aout 2024 un accord avec la société américaine Nano Nuclear Energy pour la construction de petits réacteurs modulaires (PMR) et de micro-réacteurs "tels que « ZEUS » et « ODIN » , les microréacteurs de nouvelle génération actuellement développés par NANO Nuclear, sur l'ensemble du territoire rwandais. NANO Nuclear aura également pour mission de favoriser le développement de l'écosystème complet des systèmes d'énergie nucléaire du pays. Cela comprend la fourniture d'une assistance technique, de formations et de programmes éducatifs visant à développer l'expertise technique du Rwanda dans le secteur de l'énergie nucléaire".
Projets en Afrique
A ce stade, seule la république sud-africaine possède une centrale nucléaire en Afrique construite en 1984, et qui couvre 5 % des besoins en électricité de la RSA. Actuellement l'Egypte construit sa première centrale nucléaire, qui devait être opérationnelle dès 2026. Le Kenya devait débuter la construction de sa centrale en 2027, laquelle sera opérationnelle en 2034. D'autres pays en Afrique développe des projets de nucléaire civil dont le ghana, le Maroc, le Nigeria, le Soudan, l'Algérie, et la Tunisie. L'ouganda vise aussi la construction d'une centrale capable de délivrer 2400 MW dans le district de Buyende.